Mairie d'Aubigné-sur-Layon · Anjou, Maine-et-Loire

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du Moyen-Âge à la Révolution

Terre d'Histoire

Place forte médiévale, berceau des d’Aubigné, terroir du Layon : mille ans d’histoire angevine.

Historiquement, Aubigné-sur-Layon est un concentré d'histoire angevine

Ce petit village a traversé les siècles en étant tour à tour une place forte militaire au Moyen Âge, le berceau d’une dynastie célèbre sous l’Ancien Régime, et un théâtre de affrontements sanglants durant la Révolution.

L’histoire de la commune s’articule autour de trois grands axes :

Le Moyen Âge : Aubigné-Briand, la forteresse du Layon

Au Moyen Âge, le village ne s’appelle pas encore Aubigné-sur-Layon mais Aubigné-Briand. Ce nom vient de la puissante famille des Briand, seigneurs de la région, qui marquent profondément le territoire.

  • Une position stratégique : Situé sur les hauteurs de la vallée du Layon, le site est choisi dès le XIe siècle pour y bâtir un donjon en pierre. L’objectif est militaire : surveiller la vallée et protéger les terres de l’Anjou contre les incursions des seigneurs voisins (notamment du Poitou).
  • La vie féodale : Au fil des siècles, autour de ce donjon, une véritable forteresse se développe avec une double enceinte. Le village grandit au pied du château, vivant de l’agriculture et déjà de la vigne. En 1213, l’implantation des chanoines au Prieuré assoit l’importance religieuse et administrative du bourg.

L’Ancien Régime : La famille d’Aubigné et Madame de Maintenon

C’est à cette époque que le nom d’Aubigné acquiert une renommée nationale, liée à une lignée familiale hors du commun :

  • Le berceau d’Agrippa d’Aubigné : Le château est le fief originel des ancêtres de Théodore Agrippa d’Aubigné (1552-1630). Compagnon d’armes d’Henri IV, il fut l’un des plus grands poètes baroques et un chef de guerre protestant farouche durant les guerres de Religion.
  • L’ombre de Louis XIV : La petite-fille d’Agrippa n’est autre que Françoise d’Aubigné… la future Madame de Maintenon. Devenue l’épouse secrète du Roi-Soleil, elle cherchera par fierté généalogique à racheter le château de ses ancêtres en Anjou à la fin du XVIIe siècle, sans y parvenir. Le domaine sera finalement vendu à l’Église (le chapitre d’Angers) en 1682.

La Révolution et les Guerres de Vendée : Le choc de 1794

La fin du XVIIIe siècle est une période tragique et mouvementée pour le village. L’Anjou se déchire alors entre les « Bleus » (les républicains) et les « Blancs » (les insurgés royalistes vendéens).

  • Le choix de la République : Aubigné est alors dirigé par l’abbé Clément-Balthazar Mesnard, un curé progressiste. Élu député, il embrasse la Révolution, prête serment à la République et rachète le château devenu bien national. Le village devient un point d’ancrage républicain dans une région massivement royaliste.
  • L’attaque de mai 1794 : En pleine guerre de Vendée, le 30 mai 1794, les troupes vendéennes attaquent le village pour punir ce « curé patriote ». Le bourg est pillé, le prieuré est saccagé, et l’abbé Mesnard ne doit sa survie qu’à sa servante Louise, qui le déguise en femme pour lui permettre de traverser le Layon à la nage.
topographie & géologie

Géographiquement

Géographiquement, Aubigné-sur-Layon est profondément marquée par sa topographie et sa géologie, qui expliquent à la fois son passé de place forte et sa vocation viticole.

Voici les caractéristiques majeures de sa géographie :

Situation et relief : un site d’éperon

Aubigné se situe en Anjou, dans le département de Maine-et-Loire, à un peu moins de 40 kilomètres au sud d’Angers et au sud-ouest de Saumur.

  • Le relief de coteaux : Le relief y est vallonné et vallonné de manière abrupte par endroits. Le bourg historique s’est implanté sur un coteau calcaire surélevé (l’altitude moyenne de la commune est d’environ 58 mètres).
  • Un intérêt militaire naturel : C’est ce relief en hauteur qui a dicté l’emplacement du château médiéval. En s’installant sur cet éperon rocheux, les seigneurs profitaient d’une vue panoramique idéale pour surveiller la vallée environnante et contrôler les passages.

Hydrographie : les boucles du Layon

L’eau joue un rôle paysager et historique fondamental, même si le centre du village s’est développé légèrement en retrait pour éviter les crues.

  • Le Layon : Le village s’est niché précisément au sud d’une boucle du Layon, un affluent de la Loire. La rivière a creusé une vallée encaissée qui donne au paysage son aspect très vallonné. Deux autres petits cours d’eau, le Lys et le Mongazon, participent à modeler le relief environnant.
  • Le Canal de Monsieur : Au XVIIIe siècle, la géographie du Layon a été modifiée par l’homme. La rivière a été canalisée sur 42 kilomètres (créant le fameux « Canal de Monsieur », nommé en référence au frère de Louis XVI) afin de relier la région à la Loire. Cet aménagement géographique majeur avait pour but de transporter facilement par bateau les barriques de vin produits sur les coteaux vers le reste de la France et l’Europe.

Géologie : la charnière de deux mondes

Aubigné-sur-Layon se trouve dans une zone géologique fascinante, appelée par les géographes l’« Anjou blanc », mais située juste à la lisière de l’« Anjou noir ».

  • L’Anjou blanc (Bassin parisien) : Le sol de la commune est majoritairement composé de roches sédimentaires et calcaires, dont la plus célèbre est le tuffeau. C’est cette pierre blanche, tendre et lumineuse, extraite des carrières de la région, qui a servi à bâtir le prieuré, les façades des logis et les encadrements de fenêtres du village.
  • L’Anjou noir (Massif armoricain) : Tout proche, le sous-sol se charge de schiste et d’ardoise. C’est pourquoi les toits d’Aubigné sont recouverts de cette ardoise sombre, créant le contraste architectural typique de la région.

Un terroir d’exception

Cette combinaison géographique (des coteaux pentus bien exposés au soleil, un climat tempéré et un sol calcaire) offre des conditions optimales pour l’agriculture. Les versants de la vallée du Layon sont entièrement sculptés par les rangs de vignes. Ce terroir unique est le berceau du cépage Chenin, qui permet de produire le célèbre vin blanc moelleux et liquoreux d’AOC Coteaux-du-Layon.

XIe

construction du donjon

58m

d'altitude

42km

de Layon canalisé

1994

nouveau nom de la commune
le moteur économique absolu d'Aubigné-sur-Layon depuis des siècles

La viticulture : la reine incontestée

À Aubigné-sur-Layon, l’agriculture s’écrit principalement en trois lettres : V-I-N. La commune est implantée au cœur de l’un des vignobles les plus prestigieux d’Anjou.

  • Le royaume du Chenin Blanc : Ce cépage local trouve sur les coteaux schisteux et calcaires d’Aubigné son terroir de prédilection. Les vignerons de la commune produisent le célèbre Coteaux-du-Layon, un vin blanc moelleux et liquoreux réputé dans le monde entier, dont les raisins sont récoltés par « tries successives » (on ramasse uniquement les grains touchés par la pourriture noble, le Botrytis cinerea, qui concentre les sucres).
  • Une gamme complète : Au-delà du liquoreux, les domaines viticoles d’Aubigné produisent également de l’Anjou Rouge (à base de Cabernet Franc), de l’Anjou Blanc sec, du Cabernet d’Anjou (rosé) et de fines bulles (Crémant de Loire).
  • Des domaines ancrés dans l’histoire : Le village compte plusieurs propriétés familiales et châteaux viticoles (comme le Domaine de la Haute-Perche ou le Domaine des Fontenelles) qui font vivre l’économie locale et animent le tourisme à travers l’œnotourisme (visites de caves, dégustations).

 

La polyculture et l'élevage : les gardiens de la biodiversité

Si la vigne occupe les coteaux bien exposés, le reste du territoire de la commune (les plateaux et les zones de plaine) accueille une agriculture plus diversifiée qui casse la monoculture.

  • Les grandes cultures : On y trouve des cultures céréalières traditionnelles (blé, maïs, tournesol) qui apportent de grandes touches de couleur jaune et verte au paysage en été.
  • L’élevage : Les prairies permanentes situées dans les zones basses, près du lit du Layon et de ses petits affluents, sont utilisées pour le pâturage. L’élevage bovin y maintient des espaces ouverts et herbeux qui évitent l’enfrichement de la vallée.

L’agriculture à Aubigné n’est donc pas une activité coupée du village : elle nourrit son tourisme, entretient ses paysages et fournit les vins qui coulent littéralement de la fontaine d’art contemporain du centre-bourg lors de la grande Fête du Patrimoine en août !

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