Mairie d'Aubigné-sur-Layon · Anjou, Maine-et-Loire

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PATRIMOINE

Patrimoine remarquable

Château médiéval, église classée, demeures anciennes et art contemporain : Aubigné-sur-Layon se découvre comme un musée à ciel ouvert, au fil d’un circuit patrimonial au cœur de la Petite Cité de Caractère.

Le château, sentinelle médiévale sur le Layon

Le château d’Aubigné est le gardien historique du village. C’est autour de cette forteresse, adossée à l’église Saint-Denis, que s’est structuré le bourg médiéval. Perché sur un éperon rocheux dominant la vallée du Layon, il surveillait les passages et protégeait la frontière entre l’Anjou et le Poitou. Classés Monuments Historiques (inscription en 1930, classement en 1993), ses vestiges comptent parmi les témoins les plus remarquables de l’architecture militaire angevine.

Une forteresse née au XIe siècle

L’élément majeur d’origine est un grand donjon quadrangulaire bâti à la fin du XIe siècle, largement remanié et fortifié au XVe siècle. Le site conserve un système défensif à double enceinte resté très lisible : une enceinte extérieure avec sa basse-cour, et une enceinte intérieure fortifiée. Deux imposantes tours carrées, reliées par une courtine surmontée de mâchicoulis, une tour ronde d’angle, des archères, des meurtrières et des portes aux ferronneries d’origine sont encore visibles. Dans l’avant-cour subsiste le four à ban, symbole des privilèges seigneuriaux : les habitants devaient obligatoirement y faire cuire leur pain en échange d’une redevance.

De Madame de Maintenon à la Révolution

Le château est historiquement lié aux ancêtres d’Agrippa d’Aubigné, poète et chef de guerre protestant. En 1678, sa petite-fille Françoise d’Aubigné — Madame de Maintenon, seconde épouse de Louis XIV — apprit que ce château était le berceau de sa famille. Désireuse de racheter la terre de ses ancêtres, elle fit plusieurs tentatives d’achat, sans succès : c’est le chapitre de la cathédrale d’Angers qui acquit la seigneurie en 1682. Vendu comme bien national en 1791 au curé-député Clément-Balthazar Mesnard, le château fut transformé en exploitation agricole et tomba progressivement en ruine.

Le château aujourd’hui

Le site est une propriété privée, mais il reste au cœur de la vie du village : il sert régulièrement de cadre aux événements culturels locaux. C’est ici que résonnent les fanfares, que s’installent les grandes tablées conviviales et que se déroulent les spectacles de rue, sous les projecteurs qui illuminent les vieilles murailles.

MONUMENT HISTORIQUE

L'église Saint-Denis, un décor de théâtre

Classée Monument Historique depuis 1993, l’église Saint-Denis offre un contraste saisissant : une architecture médiévale à l’extérieur, un véritable décor de théâtre à l’intérieur. Construite vers 1088 dans le prolongement direct des anciens remparts du château, elle raconte les siècles : nef romane du XIe siècle, chœur et clocher du XIIe, transept gothique du XIIIe.

Les fresques en trompe-l’œil de Paolo Baronni

C’est le grand trésor de l’église. Datant de la seconde moitié du XVIIIe siècle, ces peintures murales d’inspiration baroque, œuvre de l’artiste italien Paolo Baronni, recouvrent entièrement le chœur et le transept. Elles imitent à la perfection boiseries, marbres précieux et lourdes draperies ; le chevet plat semble s’ouvrir vers un ciel azuré où l’on découvre l’Arche d’Alliance et les quatre grands docteurs de l’Église. Ce décor unique a été entièrement restauré au début des années 2000, notamment grâce au mécénat japonais du district de Tsuzuki-ku — un petit jardin japonais aménagé près de la porte de l’église leur rend hommage.

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AUBIGNÉ-SUR-LAYON

Le mystère des pots acoustiques

Au-dessus des stalles du chœur, d’étranges orifices ronds intriguent les visiteurs. Ce sont des pots acoustiques : au Moyen Âge, les bâtisseurs inséraient des poteries en terre cuite vides dans la maçonnerie pour amplifier la voix des chanteurs et des prêtres. Ce système ingénieux fonctionne encore aujourd’hui et contribue à l’acoustique exceptionnelle de l’église, qui accueille régulièrement des concerts.

Symboles et énigmes

On y trouve une impressionnante statue de saint Denis céphalophore, représenté selon sa légende : décapité, tenant sa propre tête entre ses mains. Les curieux s’amusent aussi à chercher les trois têtes de mort cachées dans l’édifice — des Memento Mori rappelant la fragilité de la vie, dans lesquels certains voient des symboles d’inspiration maçonnique.

Une horloge monumentale

Le mécanisme de l’horloge est une merveille de mécanique de précision du XIXe siècle : une horlogerie monumentale en cage de fer, typique du savoir-faire des maîtres-horlogers de l’époque.

1088

construction de l'église Saint-Denis

1213

fondation du Prieuré

1913

construction du lavoir

150

espèces au jardin bouquetier

Le Prieuré d'Aubigné

Le Prieuré d’Aubigné, parfois appelé l’Ancien Prieuré d’Augustins, est l’un des monuments majeurs de la commune. Situé rue du Prieuré, il complète magnifiquement l’ensemble médiéval et Renaissance du village.

Des origines médiévales aux remaniements

La première mention écrite du prieuré remonte à 1213, lorsque l’abbaye-mère de la Roë, en Mayenne, y établit deux chanoines réguliers de l’ordre de Saint-Augustin pour assurer le service religieux de l’église locale. Constamment remanié au fil des siècles, il conserve du XVe siècle la partie centrale de son corps de logis et une élégante tourelle d’escalier en vis. Aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, il connaît d’importants agrandissements pour s’adapter au confort de ses occupants, les prieurs-curés.

Un porche Renaissance remarquable

C’est l’élément le plus photographié du bâtiment : son châtelet d’entrée du XVIe siècle. D’inspiration Renaissance, il se compose d’un porche à vantaux encadré par deux petites tours en pierre de taille surmontées de lanternons, reliées entre elles par une magnifique balustrade en pierre.

L’abbé Mesnard, figure de la Révolution

Le prieuré est indissociable de son plus célèbre habitant : Clément-Balthazar Mesnard, curé et prieur d’Aubigné dès 1757. Élu député du clergé saumurois aux États généraux en 1789, il fut l’un des tout premiers prêtres de France à prêter serment à la Constitution civile du clergé, et racheta le château en 1791 lorsqu’il fut vendu comme bien national. Le 30 mai 1794, en pleine guerre de Vendée, les insurgés royalistes pillèrent le village pour se venger du « curé patriote ». L’abbé Mesnard n’échappa au massacre que grâce à sa servante Louise — qui a laissé son nom au Logis de Louise — : déguisé en femme avec les vêtements qu’elle lui prêta, il s’enfuit en traversant le Layon.

Aujourd’hui propriété privée magnifiquement restaurée, le Prieuré s’admire depuis la rue : sa façade et son porche Renaissance constituent une étape incontournable du circuit patrimonial.

La Fontaine du Layon, l'œuvre de Claudio Parmiggiani

Installée sur la place de l’église, la Fontaine du Layon est une œuvre d’art public majeure du plasticien italien Claudio Parmiggiani. Cette sculpture conceptuelle, unique en son genre, cache un secret qui résume tout le génie de sa création.

Une sphère mystérieuse

L’œuvre se présente sous la forme d’une monumentale sphère métallique évoquant un globe céleste. Moderne et épurée, elle tranche volontairement avec le décor baroque et le clocher roman de l’église Saint-Denis — tout en le sublimant. La majeure partie de l’année, elle reste fermée, lisse et secrète.

Quand la fontaine verse le vin

C’est là que réside le coup de génie : à l’occasion des grands événements, et tout particulièrement lors de la Fête du Patrimoine et du Vin fin août, la sphère s’ouvre. Et de son cœur, ce n’est pas de l’eau qui coule… mais le Coteaux-du-Layon ! L’artiste a pensé son œuvre comme une veine souterraine, une source sacrée d’où jaillit la quintessence de cette terre viticole.

Une partition gravée dans le métal

Les notes découpées sur la sphère forment une véritable mélodie, écho aux chants des vignerons et à l’identité festive du village. En journée, les rayons du soleil traversent les notes et projettent des ombres musicales sur la place ; à la nuit tombée, éclairée de l’intérieur, la fontaine se transforme en lanterne magique d’où la mélodie semble s’échapper pour envelopper le village.

Une œuvre du Fil artistique paysager

La Fontaine du Layon est la pièce maîtresse d’Aubigné au sein du Fil artistique paysager, un parcours d’art contemporain monumental qui relie plusieurs œuvres à travers la nature et les vignobles de la communauté de communes, aux côtés du Belvédère de Saint-Aubin-de-Luigné ou du Dôme de Vigne à Thouarcé.

DEMEURE REMARQUABLE

La Commanderie

 

Située rue des Fours à Chaux — une ruelle qui témoigne de l’ancienne activité artisanale du village liée à la cuisson du calcaire —, la Commanderie est un vestige architectural dont les bases remontent au XVe siècle, largement remanié au XIXe siècle. Malgré son nom, il s’agit d’une demeure remarquable du réseau villageois plutôt que d’un établissement des Templiers ou des Hospitaliers, dont les grandes commanderies se trouvaient non loin, à Luigné ou aux Verchers-sur-Layon. Elle s’inscrit dans la lignée des belles propriétés seigneuriales ou ecclésiastiques qui gravitaient autour du château.

DEMEURE REMARQUABLE

La Maison Neuve

Ne vous fiez pas à son nom : cette maison de maître date de la fin du XVIIIe siècle (vers 1780). À l’époque, on appelait souvent « Maison Neuve » une demeure qui remplaçait un édifice plus ancien ou affichait un style moderne pour son temps. Située sur la place de l’Église, face à Saint-Denis, elle forme avec le Prieuré, le Logis de Louise et le Presbytère ce cœur de bourg si caractéristique, tout en tuffeau et en ardoise. Sa façade régulière et symétrique, ses grandes fenêtres — un luxe pour l’époque — et sa cour aux dépendances rappellent son double usage passé, résidentiel et viticole.

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DEMEURE REMARQUABLE

Le Logis de Louise

Au cœur du bourg, non loin du château, le Logis de Louise est typique de l’architecture de la vallée du Layon : moellons et pierres de tuffeau blanc, dans l’enfilade des belles maisons anciennes des XVe, XVIe et XIXe siècles qui jalonnent la traversée du village. Répertorié parmi les bâtiments remarquables du plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine (AVAP), il voit ses éléments extérieurs traditionnels — corniche, souche de cheminée en pierre de taille — protégés. Son nom rend hommage à Louise, la servante qui sauva l’abbé Mesnard lors de l’attaque de 1794.

ART DANS LE VILLAGE

Rosa, la grâce en bronze

Nichée dans le jardin de la mairie, Rosa est une sculpture en bronze de l’artiste angevin Jacques Tempereau (1945-2006), à qui l’on doit notamment les dauphins de la place du Ralliement à Angers. Cette silhouette féminine stylisée, aux lignes douces et élancées, célèbre la féminité et la grâce. Son nom fait un clin d’œil parfait à l’identité d’Aubigné, village des fleurs et des roses : elle semble émerger des massifs de vivaces qui l’entourent, sa patine se mariant magnifiquement au tuffeau de la mairie et au vert des feuillages.

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PATRIMOINE VIVANT

Le Presbytère et son jardin bouquetier

Maison bourgeoise du XVIIIe siècle ayant appartenu à Monsieur Brouard d’Argenté — maire du village de 1800 à 1813 avant de devenir prêtre —, le bâtiment fut racheté par la commune en 1848 pour devenir presbytère, succédant au Prieuré dans la fonction de résidence des curés. Son atout majeur est aujourd’hui son jardin bouquetier : ce « jardin de curé », où l’on cultivait autrefois les fleurs destinées aux cérémonies, abrite près de 150 espèces de plantes vivaces, entretenues chaque semaine par les bénévoles du village et l’employé communal. Ce savoir-faire a contribué à la médaille d’argent obtenue au concours européen de l’Entente Florale en 2008. Entièrement communalisé, le bâtiment accueille désormais réunions, cours de sport et événements locaux, et sert de Point d’Information Touristique en juillet et août.

Le lavoir, mémoire des lavandières

À l’écart du centre-bourg, rue du Prieuré en direction des Chollets, le lavoir offre un havre de paix ombragé et bucolique, suspendu au-dessus d’un affluent du Layon.

Une construction de 1913

Contrairement aux apparences, ce n’est pas un monument du Moyen Âge : projeté à la fin du XIXe siècle, il fut construit en 1913, juste avant la Première Guerre mondiale. Sa construction répondait à la loi de 1851, par laquelle l’État finançait des structures couvertes pour des raisons sanitaires : éviter la propagation des maladies et améliorer les conditions de vie des lavandières, qui n’avaient jusque-là qu’une planche posée à même la boue au bord du Layon. Sa maçonnerie est un condensé de géologie locale : moellon de schiste sombre de l’Anjou noir, pierre de falun et tuffeau, touches de brique, le tout sous un toit en appentis couvert d’ardoises.

On n’y « lavait » pas le linge !

Détail souvent oublié : le lavoir servait principalement à rincer le linge. Le prélavage et le brossage — à la cendre de bois, qui servait de lessive grâce à sa potasse — se faisaient à la maison. Les femmes transportaient ensuite les lourdes brouettes de linge mouillé jusqu’au lavoir pour profiter du courant d’eau claire, indispensable à un rinçage parfait.

Le réseau social d’autrefois

Espace exclusivement réservé aux femmes, le lavoir était le véritable réseau social de l’époque : on y échangeait les nouvelles du village, les secrets de famille et les chansons, au rythme du battoir sur les planches. Aujourd’hui, les lavandières ont laissé place aux promeneurs : un lieu frais et verdoyant où le bruit de l’eau invite à la pause, après la visite du centre fleuri et de l’église.

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Propriétés privées

Le château, le Prieuré, la Commanderie, la Maison Neuve et le Logis de Louise sont des propriétés privées. Merci de les admirer depuis la rue, dans le respect de leurs occupants.